mercredi 6 juin 2012

Rouge


Jorus nous lance un sort d'invisibilité, la brume nous passe à côté...
Je décide de la suivre... malgré tout. La brume se dissipe. Je n'aime pas ça.
Je repère le mal sur un des gardes... Chuck est atteint. Je l'assomme. Arthur conseille Jorus pour ligoter le garde... Jorus est très inquiet. Il s'attache, il a peur que la brume lui fasse faire la même chose qu'à l'homme. Je soupçonne même un moment qu'il puisse craindre être un loup-garou après avoir été mordu.
Dame Elise signale qu'elle est arrivée il y 15 jours, elle devait rencontrer Théon, un autre membre de la société des éclaireurs. Elle a patienté pendant quelques jours. Elle a décidé de faire des fouilles à l'extérieur de la ville de la Grande Cascade, ne voyant pas arriver Théon.
La brume est apparue il y a une semaine... Dame Elise s'est cachée dans la prison il y a deux jours...
La fouine serait peut-être dans la cellule de haute sécurité... Maître Glen, dans les premiers jours, a vu des villageois qui avaient des mouvements d'humeur. Il les a peut-être confondus
avec les tribus de primitifs dans le coin qui se liment les dents...
Arthur semble connaître Amanda... Bon, c'est quoi cette histoire ?
Je m'abstiens encore de toute forme de curiosité, le passé des uns et des autres ne me regardant pas forcément, mais un jour je vais agir. Un jour.
Arthur, le grand Sigmund, Rabe et moi nous dirigeons vers la troisième partie des cellules... pendant que Jorus et Amanda restent en arrière, Jorus tient à rester attaché à côté du pauvre garde dénommé Chuck.
Il n'y a pas de rats dans la prison. Je fais jouer le fil de mon épée sur les barreaux. Rien, pas un bruit.
Raoul... est là, seul... au fond de la troisième zone de la prison.
Maître Glen dit que Raoul a été appréhendé à son arrivée au port de Grande Cascade. Il était dans un bâtiment avec plusieurs corps et des sacoches pleine de pièces d'or...
Six personnes étaient tuées... ils recevaient leur paie de la mine...
Raoul est mal à l'aise, il est un peu paumé concernant le fait que l'ordre veut lui parler... mais il n'est pas forcément surpris de nous voir arriver. Je ne suis pas un homme fait pour les enquêtes au départ, je ne suis pas un inquisiteur. Je suis un protecteur et vaguement un diplomate. Mais décerner les mensonges dans le cœur des hommes, ça...
Jorus se détache à nouveau après que nous l'ayons convaincu que rien ne l'empêcherait de se faire du mal s'il était possédé. A propos de possession, tiens, je veux chercher de quoi exorciser le pauvre garde possédé...
Jorus propose de lancer un sort de lumière sur l'être possédé avant que nous fassions deux groupes.
Arthur, Rabe et moi irions aux temples et à la tour de magie, Sigmund, Jorus et Aran (avec Dragotha dedans) iraient à la bibliothèque.
Maître Glen confirme avant à Arthur que les six cadavres étaient suspendus par les pieds et que leur tête avait disparu... ce qui laisse penser à une sorte de sacrifice pour accomplir quelque sombre besogne.
Avant la séparation des groupes, nous allons sur le site du carnage avec Raoul, tous ensembles, dans le caravansérail où Raoul a été capturé.
Nous nous sentons observés... Bon. Des ombres sont plus discrètes que nos yeux. Tant pis. Il faut continuer.
Sur le lieu du massacre, il reste des traces de sang séché, de vagues traces de lutte, mais point de signes cabalistiques ou de runes....
Jorus part vérifier si les animaux ont laissé des traces... nous l'attendons. Il ne revient pas. Nous nous précipitons vers la grange. Il y a des traces de lutte au sol. Il y a de nombreuses traces de flèches et nous découvrons le pauvre Jorus, étalé au sol, plusieurs flèches dans le corps. Pas mort. Juste de quoi le blesser. Les responsables auraient très bien pu l'achever.
En s'envolant, Sigmund remarque trois silhouettes gracieuses qui courent sur les toits... Les trois sœurs. Elles sont disciples de Sarenrae, pourquoi auraient-elles tiré sur Jorus ?
Nous revenons vers Aran, Rabe et Raoul. Amanda a été prise en otage par Raoul...
Je sors mon arc, suivi par Arthur et nous menaçons Raoul. J'essaie de le raisonner. Fuir seul dans la brume alors que je crois à son histoire et qu'il ne soit pas responsable de la mort des six personnes du caravansérail est idiot. Je plaiderai à son procès. L'ordre apprend la valeur du repentir et de la rédemption. Il n'y a pas plus grand fait que de retourner un ennemi. L'abattre n'est pas toujours une victoire, sauf s'il s'agit bien sûr de démons ou de morts-vivants.
Raoul jette Amanda en avant et tente de s'enfuir. Mes flèches le ratent. Mais arrive Sigmund du ciel avec sa boule de feu. Explosion dans la rue, moellons et bouts de pierre qui s'écroulent sur Raoul. Nous rattrapons l'importun.
Décision est prise de fouiller en premier tous ensembles le temple de Iomedae à la recherche de renseignements sur le passé.
Nous constatons un peu avant d'arriver au temple qu'Amanda a disparu... Jorus envoie Louloup la chercher, il découvre aussi un morceau de parchemin où Amanda a écrit : Raoul est la clé.
J'enjoins Jorus de nous aider dans la fouille du temple avant que nous ne partions tous chercher Amanda.
Un culte primitif aurait vécu bien avant le Nirmathas dit un écrit dans le temple de Iomadae. Le culte de primitifs vénérait les forces élémentaires qui ont été bannies de notre plan. Ces forces auraient bannies dans le sol... Le culte primitif était relativement cannibale. La bataille antique fut soldée par la victoire des dieux de notre époque. Les corps des primitifs furent détruits mais le destin des âmes de ces derniers est inconnu.
Arthur s'est tiré pendant qu'on cherchait Amanda. Bon sang. Nous sortons dans la rue pour découvrir le loup qui a retrouvé Amanda avec Arthur... Je ne sais pas ce que ces deux-là se sont dits au sujet de leur passé. Je ne suis pas un inquisiteur, une fois encore, je le rappelle.
Amanda est questionnée sur la note qu'elle a laissée.
Amanda pense que les trois femmes lui ont envoyé un message, lui demandant de lui remettre Raoul.
Les trois sœurs sont d'après moi certainement au temple de Sarenrae... Dans le temple d'Iomedae, on est protégé contre le mal, il semble raisonnable de croire qu'elles aient choisi de se réfugier dans un lieu similaire qui correspond à leur foi.
Je prends néanmoins la précaution de crier où nous sommes, de déclamer ce qui nous est arrivé, et de raconter haut et fort que j'ai vu plusieurs dieux. Sigmund essaie à un moment de me faire taire. Brave Sigmund. Les mages sont les plus beaux, les plus forts, les plus intelligents, tant qu'ils n'essaient pas de se battre au contact avec un spécialiste du combat à mains nues.
Nous pénétrons à l'intérieur du temple de la déesse aux cheveux de feu.
Jaïna (la blonde), Aaricia (la rousse) et Louve (l'elfe noire) nous reçoivent. C'est Jaïna, celle que je trouve la plus jolie qui nous parle. Elles sont persuadées qu'on protégeait Raoul.
Je fais valoir tout ce que je représente et que je réponds de presque tous mes compagnons.
Raoul, plus sensible à l'intimidation des trois sœurs ouvre son caquet.
Pourquoi l'ordre des mantes rouges a fait des recherches sur la ville de la Grande Cascade ?
L'ordre avait entendu parler du peuple des Dragmars, un peuple primitif très fort en forge et architecture. Ils étaient aussi très riches... Après quelques découvertes fructueuses, ils ont choisi d'aller plus loin, de pousser plus les recherches. Mais il y eut un incident. La personne en charge de l'affaire pour l'ordre est tombée sur un os, en libérant quelque chose dans les cavités...
Dame Nasir. Bon sang.
Aran, qu'on avait envoyé prévenir les gens dans la garnison, revient en disant qu'il a retrouvé maître Glen et Chuck avec un deuxième sourire.
Raoul dit que son ordre a souillé les souterrains du temple de Sarenrae, là où se trouvaient les trésors des anciens et où avaient été enfermés ou bannis les représentants du culte élémentaire. Il y avait plein de tombes, ils ont ouvert.
Pour casser les protections du temple, les membres de l'ordre de la mante rouge ont pratiqué des rituels ésotériques et des offices visant à désacraliser les protections.
Je laisse Raoul avec les trois sœurs, leur faisant promettre de garder ce dernier vivant.
Nous passons la nuit dans le temple de Iomedae... J'entends ma déesse crier et pleurer et Asmodée rire derrière...
Je me lève avec un goût amer dans la bouche. Si j'écoute ma seule intuition, je ne peux m'empêcher de penser que quelque chose nous a marqué lorsque nous avons éveillé l'enfant de Rovagug, que nous sommes des pions indispensables dans un jeu dont je ne connais pas la teneur. Et la seule façon d'arrêter de jouer, c'est d'éliminer les pions. Je crois que revient en moi l'idée de tuer tous les pions pour savoir qui tenterait de nous ramener.
On arrive dans le temple de Sarenrae, les sœurs ont été agressées. Louve est morte, Aaricia est très mal en point et Jaïna fulmine en nous racontant leur agression dans la nuit. Elles ont cru entendre la voix de l'un des nôtres. Louve est sortie et s'est faite tuer.
Aaricia, très blessée se rappelle avoir entendu dire que l'ordre devait retourner en bas et celui qui avait l'air d'être le chef a félicité Raoul pour son plan de s'être laissé capturer...
Quel plan ?
Qu'est-ce qu'il y avait à gagner à se faire capturer ?
Je ne comprends pas... Tout ce que les disciples de la mante ont accompli, ils auraient à mon avis pu le faire sans que Raoul ne soit capturé.
Nous prenons la décision d'emprunter le passage déjà pratiqué par les bandits. S'ils sont redescendus le matin, nous avons peut-être une chance de capturer à nouveau Raoul.
Nous nous enfonçons dans le tunnel creusé et découvert par l'ordre d'assassins... Jaïna nous accompagne. Aran veille sur elle.

Un vieux goût me saisit. L'humidité, remugles de moisissures. Je revois ce tombeau que nous avons exploré avec ma sœur. Un long tunnel se dégage...
Et soudain douze squelettes. Jorus lance un enchevêtrement et Sigmund une boule de feu.
L'opposition est vite vaincue.
Apparaissent alors un champion squelette et deux momies, et, plus loin, une sorte d'horreur mort-vivante, dont je n'ai pas le nom.
Je charge vers la plus grosse créature. Les sorts de Sigmund font fureur. Jorus se transforme en ours et avec son Louloup, ils abattent la dernière momie, les deux autres morts-vivants n'ayant pas fait long feu.
Sigmund tente un projectile magique sur la créature que j'affronte. Une étrange magie renvoie le sort sur notre brave ensorceleur qui a l'occasion de goûter pour la première fois la cuisine qu'il aime tant servir à ses ennemis.
Je déchaîne mon savoir-faire martial, profitant de l'enseignement de l'école de la grue. Il me suffit de me tenir dans une posture défensive, de compter sur l'armure de mage de Sigmund et de tenir le cap, pour dévier la plupart des coups d'un adversaire de mon niveau, voire même d'un entraînement supérieur. Je ne saurais bien sûr tenir longtemps face à une légende.
La langue de la créature est capable de me paralyser. Elle me touche une fois. Je résiste en pensant très fort à ma déesse.
Un dernier coup d'épée et de poing. Et la chose affreuse s'écroule.
Je reprends mon souffle.
Nous nous trouvons devant une patte d'oie. Deux tunnels s'enfoncent encore dans les ténèbres.
Le gauche ou le droit ?
J'espère que Jaïna saura pister. Sinon... Sinon, eh bien, à gauche.
Le cœur est à gauche.
Rouge. Rouge comme la colère qui commence à m'abîmer. Peut-être que la présence des sœurs est un signe. Un signe vers une autre manière de faire.
Je ne peux m'empêcher de penser que j'aurais le cœur un peu plus triste si Jaïna venait à tomber comme sa sœur.
Sa pauvre sœur que Jorus essaiera de réincarner demain.
Réincarner. Et si l'un d'entre-nous tentait l'expérience ? Hein ?
Oui, nous ne choisirions pas notre corps, mais au moins la malédiction d'Asmodée ne serait plus sur nous.
Il faudra que je parle à Jorus de cette idée.
Je préfère me concentrer là-dessus pour l'instant plutôt que sur la sombre pensée que ce ne soit pas Iomédae qui se soit présentée à l'ordre en Nirmathas. Mais Asmodée ou un de ses mignons sous le déguisement de la déesse.
Sarenrae.
Sarenrae pourrait peut-être savoir.
Rouge.
Rouge feu. Je nettoie mon épée. Elle n'est pas rouge.
Et pourtant.
Je vois déjà des rivières de sang.

Notes de jeu : Moi, joueur, je ne raisonne jamais au-dessus de mon personnage. Moi, joueur avec un autre rôle, j'aurais passé depuis longtemps à la question le Arthur et le Sigmund. Les faits racontés ici tiennent compte de la seule perception d'Ariel. Ce qu'ont vécu Arthur et Jorus en apparté dans cette aventure tient à eux, et eux seuls et doit colorer l'aventure sous un autre jour. Sans doute Arthur qui retrouve en partie son passé. Le voile est encore posé, mais rien n'échappera à l'oeil d'Iomedae en temps venu, croyez-moi, bande de petits coquins.

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