mercredi 16 mai 2012

Cristal blessé.


Nous fuyons. Autant d'hommes que de femmes nous accompagnent. Les trois-quart sont des combattants... 
La tarrasque n'attaque pas les orques. Elle ne bouge pas. Je ne sais pas de quelle manière elle est avec eux, ni les sacrifices qui ont impliqué son éveil.
Une troupe d'une vingtaine d'orques se lance à notre poursuite. Je descends de cheval, appelant mes compagnons et les archers laissés à l'arrière pour m'aider.
Première flèche, je fais tomber le leader des orques. Une décision. L'arc n'est pas une arme à négliger sur un champ de bataille. L'honneur, l'épée, tout ça, oui. Mais pas au prix de mourir de manière imbécile parce qu'on a refusé la logique des champs de bataille.
Jorus se transforme en ours et se lance dans la mêlée, faisant face à un orque noir. J'abats les deux orques qui se trouvent en face de moi pour foncer vers le chef orque qui se relève après qu'une boule de feu soit tombée du ciel... Jorus a encore dans sa manche plusieurs sortilèges de foudre. Je ne fais pas attention à Arthur, ses deux gardes chiourme doivent être non loin, j'ai assurance qu'ils feront ce qui leur a été demandé, le ramener vivant.
J'abats le chef orque alors qu'une nouvelle boule de feu tombe du ciel et dégomme une demi-douzaine d'orques. Mes réflexes de moine me permettent d'éviter le souffle.
Fin de la bataille. L'orque que j'ai capturé est une brute sans cervelle. Il ne sait rien. Je le renvoie vers ses troupes, je ne tue pas des individus désarmés et l'art de la guerre apprend qu'il faut toujours laisser un vivant pour raconter la défaite.
Sigmund pointe le bout de son nez. Il ne m'avait pas vu dans la mêlée. Et de toutes les manières, j'avais de fortes chances d'éviter ce que les orques étaient incapables d'éviter.
Une décision doit être prise quant à notre destination. Nous choisissons le village de CristalHurt qui est non loin... c'est un lieu de recueillement et de méditation druidique...
Ils considèrent les Nirmathiens comme leurs alliés... Des années qu'ils se réunissent là et célèbrent leurs rites en essayant de préserver ce qui compte avant tout pour eux : la nature.
Une druidesse se détache, Awena, une elfe magnifique comme toutes celles que nous avons rencontré... Je dois avouer que je suis sous le charme et que Sigmund lui est défaillant, il propose carrément la botte à la druidesse, qui décline gentiment. Awena prend en compte nos considérations : prévenir un des grands maîtres de l'ordre et la capitale du Nirmathas de l'arrivée de la tarrasque.
Jorus, convoqué par les druides est un peu perdu lorsqu'il revient... Il nous informe qu'il y a eu un prix à payer quand la tarrasque s'est réveillée. Le coût pour réveiller la tarrasque a dû être énorme.
Je songe à ma mère, à mon enfance dans la forêt, à mon rêve d'être comme ma mère ou ceux qui étaient proches : ranger, druide ou ensorceleur, que sais-je... Les bois, la nature, les druides...
J'invite Sigmund à aller dans les bois avec moi pour que lui se trouve une dryade avec qui passer un
Dans la nuit, une voix se fait entendre... « Bien, il semblerait que vous ayez trouvé ce que vous cherchiez... » Elle nous fait comprendre que nous semblons nous être arrêté sans nous préoccuper plus de ce qui arrive. Que faire de plus. Je rejoins Sigmund coupé dans son élan avec sa dryade, il se souvient d'avoir parlé à une voix similaire...
Dragotha... C'est Dragotha nous dit Arthur lorsque nous l'atteignons.
Cherchez Raïna dans le village... dit la voix...
Raïna semble connaître le magisterium...
Faudrait remonter dans le temps pour savoir comment vaincre la tarrasque...
Jorus sait qui est Raïna. C'est en quelque sorte la chef des druides. Une elfe tout aussi sublime qu'Awena à la crinière de neige. Nous comprenons qu'elle est en partie habitée par la puissance de Dragotha et nous devons lui demander de faire le vide pour laisser parler Dragotha.
Raina va voir Awena et lui murmure quelque chose. Awena n'est pas trop chaude (enfin, je me comprends)...
On devrait chercher dans les souvenirs cachés du Mortis et Luna... Nous annonce Raïna / Dragotha.
Arthur nous dit que les druidesses connaissent l'histoire de Mortis et Luna... C'est leur secret. Elles gardent cet artefact qui mène à ce royaume depuis des générations et des générations...
On risque en fouillant les confins des souvenirs de Mortis et Luna de croiser des choses que Dragotha n'aimerait pas voir. Nous ne serons que des ombres dans les confins de Mortis et Luna...
Mortis et Luna est à part, même la malédiction d'Asmodée ne nous toucherait pas...
Bien. Je prie Awena de nous y amener. Je suis même prêt à devenir druide, s'il le faut, si c'est un secret que seuls les druides doivent préserver. Elle finit par accepter. La présence de Jorus dans nos rangs y est sans doute pour beaucoup. Les deux gardes du corps d'Arthur resteront en arrière.
Awena et Raïna nous amènent en dehors du village, un peu dans la montagne... dans des ruines de tous les temps passés...
On arrive devant un immense miroir de cinq mètres de haut... Il y a des symboles dessus... de l'elfique, de l'ancien, des vieilles cultures... Il n'y a rien qui corresponde aux Dieux tels que nous les connaissons. Une tête de mort nous sourit d'un air sinistre au sommet du miroir...
Nous devons nous allonger devant le miroir ou nous relaxer, peu importe nous annonce Raïna / Dragotha. Ouais. Bien sûr. Les âmes d'Arthur et de Jorus s'échappent de leur corps et traversent le miroir... Je me laisse aller. Je traverse moi aussi. Sigmund, un peu suspicieux part le dernier... La voix de Dragothas nous dit que nous ne sommes que des ombres. « Mourrez et vous ne reviendrez pas. »
Traversée des ombres, de formes, de lumières, d'espaces...
On revient dans la pièce dans laquelle on est parti. Mais il n'y a pas nos corps...
On est intangible et invisible... Tout est neuf autour de nous, comme si nous avions plongé dans le passé. Les gens autour de nous sont des elfes... ils parlent avec un phrasé un peu différent et quelques formules anciennes peu usitées de nos jours.
On a pas les marques de Iomedae...
Il n'y a que 5 symboles sur les murs ceux d'Asmodée, de la Nature, de la Mort, de Sarenrae, et de la Magie. La magie, la mort et la nature avant qu'ils ne soient scindés en plusieurs dieux.
Une gigantesque cité devant nous. Je tiens à aller à la plus haute tour, vers ce qui pourrait être leur bibliothèque du savoir. Mes compagnons raisonnent et pensent que nous ne sommes que dans des souvenirs, dans les sommes des souvenirs des défunts que la Mort de l'époque avait mis en place pour moins s'embêter. C'est un royaume uniquement constitué des échos de la mémoire de tous ceux qui ont trépassé. Nous n'avons pas notre magie mais pas non plus notre marque d'Asmodée... Je ne teste pas encore mon imposition des mains. Pour moi, c'est un pouvoir naturel. Mais ce n'est pas la perte éventuelle de ce pouvoir dans cet endroit qui me préoccupe. Pas plus que ne me préoccupe le fait que Dragotha aurait pu en profiter pour prendre possession d'un de nos corps. Hé. Si c'est le prix à payer pour que la Tarrasque soit éliminée, qu'un de nos corps soit possédé et que l'esprit de celui qui reste soit ramené dans une autre corps par réincarnation – on est dans une terre de druides après tout, c'est pas cher payé, non ?
Ce qui me préoccupe un peu alors que mes pieds foulent les pavés de cette magnifique cité, que les portes qui se referment peuvent nous enfermer dans un lieu tout le temps que le propriétaire ne ressortira pas est d'une autre nature.
Qu'est-ce qui dans cet endroit peut bien faire peur à Dragotha ?
Hein ?
Qu'est-ce qui vit dans les échos du passé, dans les landes étranges de Mortis et de Luna ?

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