mardi 11 octobre 2011

La géante ou l'épée...


Un rêve la première nuit.... dans la cité de Pointe aux Sables...
Je marche dans une grande plaine, type continentale, des grands arbres s'élèvent sur les côtés, la forêt est habillée des couleurs d'une saison que je ne saurais nommer.. Sur ma gauche, deux béliers cheminent avec moi... puis une plaine se dessine et j'arrive en face de géants, un couple, qui se tiennent devant une grande étendue glacée. Dans le rêve, je suis nu, doté de forts attributs virils, c'est plutôt rassurant, que me veulent ces géants ou qu'ai-je à leur dire ?

Je ne suis pas forcément satisfait de ma nuit, le couvre feu m'a empêché d'aller dans le cimetière mais j'ai bien remarqué la technique de Claudio pour mettre une alarme dans la chambre qu'on nous a assignée. Un garçon plein de ressources, dédidément. J'ai aussi remarqué les fonctions corporelles de mes camarades... Bon, certes, je ne suis pas capable d'avoir le plaisir d'une femme mais il y a quelque chose de presque délicieux, supérieur, à être détaché de ces désagréables fonctions corporelles que sont la flatulence ou excréter.
Je réfléchis. Ou non, je ne réfléchis pas énormément, je synthétise les données plutôt, très rapidement. Les gens avec qui je suis, ils ont le potentiel pour former un truc qu'on appelle une équipe d'aventuriers ou d'éclaireurs... C'est quelque chose qui va m'être utile. L'union fait la force. Je les aide, ils m'aideront. Ils ont chacun leurs forces, utiles, selon les circonstances.
Je décide donc de leur parler de mon "mystère" au petit-déjeuner, ni une, ni deux, je leur expose mon entrejambe et même mon postérieur (pour dédramatiser la situation) après avoir mentionné que j'avais un petit problème.
J'ai pesé le pour et le contre. Ce n'est pas forcément un secret à garder. Plus de gens en parleront, plus il y a des chances que quelqu'un soit intrigué par cela ou ait connaissance d'un phénomène similaire qui serait arrivé à quelqu'un d'autre.
Petite crise de rire, c'est bien. J'espère pouvoir leur en accorder d'autres. Je sens déjà des tensions, normales, entre certains membres, certainement une manière de concevoir la philosophie de la vie.
Le prévot Bélor Cigue vient nous voir... Il aimerait assez qu'on aide la cité. Pas de problème. Je suis pour. Je ne crois pas au chaos... Je ne suis pas sûr de croire à tout ce qui serait hiérarchisé et ordonné, mais qu'importe... le bordel ambiant, ce n'est pas sain pour construire le bien être d'une cité, sauf peut-être celle d'une cité de barde ou d'artiste.
Je me souviens aussi que quelqu'un a mentionné qu'on devait aller voir une "dame Mélise ou Mélisse". Mais je dois avouer que j'ai un peu la tête ailleurs. J'ai noté d'autres choses que je sais :
- Je ne vois pas dans la nuit, je suis comme les humains à ce sujet.
- Je n'ai pas la sensation d'être cet élu dont parle Babaesti et que mes runes pourraient représenter des âmes. Je me vois plus comme un étranger venant d'un autre monde. Le monde dans lequel je suis n'est pas le mien. Retourner dans mon monde oublié n'est pas la priorité... je n'en ai pas de mémoire. Retrouver ma bite, par contre, ça me semble un objectif déjà plus à "court" terme si je puis en rigoler. Eh eh eh.
- J'aime la couleur rose, étrange. Peut-être porterai-je cette couleur dans le futur.
- J'ai le sens de l'humour. Je prends plutôt très bien les blagues adressées à mon sujet.
- Je n'ai pas le sang chaud, à part en combat où, là, je semble réagir vite et improviser rapidement... Honnêtement, certaines choses qui énervent les gens me passent au-dessus...
- Je sens que je sais manier une épée longue. Le prévôt Bélor accepte que j'aille m'armer à la garnison. Je pense que cette arme sera plus efficace que ma dague en bois qui semble plutôt le vecteur de ma foi.
- La première personne à laquelle j'ai pensé lorsque Babaesti m'a demandé d'y songer est "la dame des dagues", or, le symbole du dieu de Babaesti, Pharasma, est la dague.

Dans la cathédrale, nous rencontrons Lucio, le prêtre de Desna. Je dois avouer que je me sens bien avec cette idée de la foi. Pas forcément aux dieux, parce que les étoiles, un principe, le cosmos, le soleil, tout cela peut suffire. Mais cette idée d'avoir de la force, de tirer un certain pouvoir intérieur de la sagesse. Je lui parle de mon problème. Il est moins surpris que les autres personnes à qui j'en ai parlé jusqu'à présent. Il n'est pas au courant de la présence de géants dans le coin lorsque je mentionne mon rêve puisque le domaine de Desna, son dieu, est aussi le rêve. Bon peu importe... si je vois des géants un jour, je leur poserai la question. Nous avons à faire dans le cimetière, une tombe a été profanée... Celle de Tobin, le prêtre décédé voici 5 ans pendant qu'il y a eu aussi le chaos en ville avec l'épisode de l'écorcheur.
Je ne peux m'empêcher de remarquer que le prévôt Cigue n'est pas particulièrement apprécié par nos compagnons gnomes. Ça m'intrigue. J'aurais tendance à apprécier ce brave homme. Sa charge est rude, sa tâche est difficile, il n'a pas à être un petit comique ou à faire des ronds de jambe...

Quatre gardes, dans le cimetière, se trouvent au niveau de la tombe de Nualia, la soi-disant ange et de Tobin le prêtre qui a brûlé... Au premier abord, il apparaît que des gobelins auraient enlevé le cadavre de Nualia car elle n'est pas dans la tombe. Mais une inspection plus approfondie de la tombe me dévoile un symbole de Lamashtu, un dieu mauvais de ce monde. Je fais un frottis avec un papier issu du carnet que j'ai acheté hier en ville et je dessine par dessus un renard. Sans doute pour conjurer le sort. Wesh, l'ensorceleur, ne détecte aucune magie dans le cimetière, ni sur la tombe. Nous constatons également qu'il manque une rotule au cadavre, celui d'un homme d'après Babaesti et qu'il y a en fait de fortes chances pour qu'il ait été enterré tout seul. Le prévôt accepte que nous partions sur la piste des gobelins profanateurs de tombe. Il faut aller sur leur piste, l'attaque de la ville semblait une diversion...
Je récupère une armure de cuir et une épée longue pendant que mes compagnons prennent un peu d'avance...
La piste nous amène dans la forêt où une embuscade nous est tendue par dix archers et leur chef. Les traces des gobelins, elles, disparaissent dans les pas des hommes, sans doute ont-ils utilisé les talents d'un druide.
Feu nourri... Très nourri. Plusieurs d'entre-nous sont blessés et tombent. Babaesti parvient à emprisonner plusieurs archers dans des plantes. Cress décapite le chef... Claudio butte deux enchevêtrés... Mais les flèches sont nombreuses, Wesh, Babaesti et Claudio finissent par tomber. Heureusement que nous sommes trois à pouvoir soigner. La chance semble avoir été avec moi, incroyable, je suis le seul à n'avoir rien pris.
Je me revois, ceci dit, à un moment, désespéré, à côté du corps de Wesh allongé, regardant au loin Babaesti s'effondrer. Une envie me saisit, brûler toute la forêt du côté droit pour faire fuir quatre des archers en train de nous piloner. C'est juste une petite flamme qui viendra, faisant exploser le feu grégeois contenu dans la sacoche d'un des brigands.
Mais passons... je ne suis pas doué pour décrire les combats. Au final, les soins qui relèvent les blessés, la magie et l'incroyable résistance de Cress qui a décapité deux adversaires et encaissé trois flèches ont eu raison des ennemis qui fuient.
Et moi, et moi, j'ai tué mon premier homme. Décapité aussi. D'un coup. Je n'ai pas le temps de savoir ce que ça me fait. Je suis en plein combat. Je gage que j'y réfléchirai plus tard...
Deux archers sont capturés. Nous apprenons grâce au talent pour faire parler de Stewish qu'ils sont des paysans qui ont été embauchés, on leur a fait croire qu'on était des disciples d'Amosdeus - un dieu semble-t-il mauvais de ce monde - et ils semblaient vouloir plus enlever Claudio.
Il y avait un symbole sur la cape du chef que me montre Stewish, un symbole d'une organisation. Un contrat sur Claudio ?
Je lui en touche deux mots, il reste assez évasif. Lui ou sa famille se sont mis au dos une organisation criminelle, c'est certain, et il apparaît peut-être que Cress est chargé en fait de le protéger.
Je me rends compte que j'ai tué un pauvre type qui finalement crevait la dalle et pensait avoir affaire à des salauds. Impossible d'interroger le chef, il est mort. Je me dis en moi-même que Claudio aura intérêt à causer assez vite, je n'ai pas envie de tuer des innocents manipulés. La somme qu'on a gagnée, ramassée sur les cadavres, je pense qu'il serait assez juste de la donner aux familles des victimes. J'en toucherai deux doigts à la mairesse de la ville.

De retour en ville, Babaesti veut acheter des herbes. Son chien a déjà foutu pas mal de bazar dans le groupe. Mais vraiment pas mal... Et ça va continuer. Stewish, Wesh et Claudio sont prêtes à lui faire la peau, et Cress se retient parce qu'il a un code d'honneur, mais de justesse.
La jeune fille de l'herboriste est sensible au chevalier... Cress semble un peu troublé par les avances de la demoiselle et la repousse avec diplomatie. La gourgandine, déçue, place sans doute sur Wesh et Claudio des objets de la boutique et les fait accuser de vol.
Le père part dans tous ses états après que la fille ait dit à son père que le chevalier avait tenté de la séduire et avait volé des affaires....
Wesh, Cress, Claudio et Babaesti, restés présents dans l'herboristerie, voient ensuite la garde arriver, le prévôt Cigue en tête. C'est à deux doigts que Claudio est jeté au cachot mais Wesh paie une amende plus que conséquente après avoir vidé ses poches.
Pendant ce temps, Stewish est parti chercher quelques renseignements dont je n'ai pas eu la teneur et moi je suis allé faire un rapport à la mairesse sur les brigands et sur le problème de guilde qui concernerait Claudio. A elle, j'ai préféré mentionner cela. Une ville ne se porte pas forcément bien lorsqu'une guilde capable de dépêcher des assassins est capable de foutre le bazar.
Notre prochaine mission nous est confiée, savoir ce qui arrive au petit Bob, le fils d'Alfred Scarneti, le meunier. Il ne dort plus depuis trois jours, sa maison est peut-être hantée. Un tour rapide dans le moulin nous apprend qu'il n'y a rien de magique dans la maison mais je constate que le meunier a deux boucs qui ressemblent trait pour trait à ceux de mon rêve. Un peu troublant.

Dans l'après-midi, pendant que les lanceurs de sort se reposent et qu'on se prépare pour enquêter sur le sort du petit Bob... je règle quelques problèmes :
- discussion avec des gens de la garde au sujet de notre moralité. Mes compagnons ne sont pas des voleurs. Babaesti m'a informé du jeu en coulisse de la jeune gourgandine.
- discussion avec l'herboriste au sujet de sa fille. C'est simplement une adolescente qui n'aime pas être déçue et qui aime un peu mettre le bazar quand les choses ne vont pas dans son sens. L'herboriste est un homme honnête.
- analyser mes capacités de combat en compagnie de Cress, qui ne s'avère pas très performant, et pour cause, il est toujours blessé.
- faire soigner Cress au temple et remarquer que la fille de l'herboriste sera ensuite traînée par son père en confession. J'aime bien ça. La justice.
- constater que l'île de l'écorcheur n'est pas facile d'accès.

Le soir, nous nous rendons au moulin pour trouver une solution au problème du petit Bob. Babaesti, en interrogeant les boucs pour savoir s'ils ont vu des choses étranges, m'apprendra leurs noms : Tanngrisnir et Tanngongr... Cela dit, l'affaire est d'une nature toute ordinaire, pas magique, il s'avère que c'est un gobelin druide, caché sous le lit du gamin, qui a peur du chien de celui-ci, qui est planqué depuis trois jours.
C'est Stewish qui connaît son heure de gloire en se faisant passer pour un gobelin (il parle la langue) et en délivrant le druide qui le traîne à l'extérieur de la ville... Nous, cachés, nous le suivons pour essayer de découvrir leur cachette.
Pas de bol pour Stewish, il se fait cueillir en embuscade lorsque l'échappé rencontre un compagnon mais la réactivité de Cress (encore) et la mienne est grande et force est d'avouer que les deux gobelins, druide et assassin, ne font pas le poids. Le pauvre Wesh se fait encore gravement blessé par une sorte de sortilège de feu. Je crois qu'il a un avenir en tant que force d'encaisse de l'équipe s'il parvient à développer des sorts de protection.
Je suis par contre plus déçu par le comportement rancunier de Claudio qui semble avoir passé une partie du combat à essayer d'occire Médor, le chien de Babaesti. Cette dernière lui fera la réflexion un peu plus tard qu'elle considère Médor à l'égal de ce dernier et qu'il y aura rétribution si son chien venait à se faire tuer.
Bon, je peux comprendre qu'on en ait marre de se faire pisser dessus, mais il suffit de soigner le chien en l'engueulant comme j'ai essayé de le faire, pas d'essayer de le buter alors qu'il y a un combat. J'espère que le jeu va se calmer, que je ne sois pas obligé d'utiliser les soins et pour le chien et pour Claudio. Surtout que ce dernier risque de nous mettre quand même plus dans les ennuis que le brave chien, du fait de cette guilde qu'il a au cul. Il ferait bien de penser aux gens capables de l'aider et qui pourraient sans cela se détourner de lui à un moment qui pourrait s'avérer fatal pour lui. Ouais, en tout cas, j'ai appris quelque chose de cet épisode, je n'aime pas la rancune ou le fait d'agresser un animal. Ce n'est pas quelque chose qui vous aide à devenir meilleur, cela risque même de vous ronger ou de vous corrompre. Je dois sans doute servir bien plus la lumière que ce que je pensais.

Les autres choses effectuées dans cette journée sont peut-être plus mineures pour l'instant mais me semblent tout aussi importantes...
J'ai gravé sur la tombe de Tobin le symbole de la rune qu'il y a sur mon foie. C'est peut-être idiot, mais je me sens comme ça, à aimer dessiner ou graver certaines des runes de mon corps en certains endroits, comme si ça me permettait d'exister ou que ça permettait à quelque chose d'ailleurs, d'exister, que je ne sois plus tout à fait un étranger.
J'ai appris que j'aimais dessiner des trucs, même si je ne suis pas forcément ce qu'il y a de plus doué.
Claudio, efficace en tout le reste (dès qu'il ne s'agit pas de ce fichu chien), a aussi inspecté les alentours de l'île de l'écorcheur... Il est doué pour chercher des renseignements.
Stewish lui aussi semble avoir des informations, il est doué pour l'investigation, malgré un petit côté rebelle à la rigidité des autorités. Il a reçu aussi en cadeau le chien du p'tit Bob (qu'il gardait en secret) et la mission de suggérer au père de ce dernier de laisser le p'tit bob avoir un chien.
J'ai passé la nuit avec les boucs...

Et là, un autre rêve...
Je me tiens sur la plaine avec une épée runique, des runes comme celles qu'il y a sur mon corps, et je me sens fort, puissant, devant les plaines glacées au loin.
Sur le côté, à quelques cent mètres, se tient la géante du couple de géant. J'ai un sentiment fort pour elle, très fort, quasi amoureux. Sur la ceinture de la géante, il y a aussi une des runes qui orne mon corps...
Je dois choisir, je ne peux rester le cul entre deux chaises en dépit de mon désir de vouloir les deux. C'est l'épée avec laquelle je suis puissant et fort ou l'inconnu auprès de cette femme qui m'attire en dépit de nos différences de taille.
J'ai découvert dans la journée je suis adepte du soin aussi bien que de l'épée et que j'aime bien savoir de quoi les choses retournent pour les apaiser ou pour éviter de faire accuser des innocents.
Est-ce que l'épée ne serait pas une tentation trop forte du pouvoir pour l'instant ?
Je me dirige donc vers la géante qui ne m'adresse pas un mot. A ses pieds, je trouve mon couteau, runique lui aussi... Mon couteau en bois.
Pas une parole...
Mais je me dis que peut-être, ce couteau saurait un jour devenir une épée...
Et en ce qui concerne la différence de taille entre moi et la géante, qu'importe... Elle n'est que dans ma contrée des rêves, comme si c'était une sorte d'intermédiaire entre ce que je suis et les puissances.
Qui me donne le pouvoir de guérir ?
Je ne sais.
Qui me donne le pouvoir de tuer ?
Je sais. La simple disposition d'esprit en combat. Une chose bien plus facile à avoir que le pouvoir de guérir.

En me levant, j'irai plaider pour les familles de ceux qu'on a tués. Qu'ils reçoivent au moins l'argent qu'ils méritent.

Ah oui.
Une dernière chose. J'ai un avis sur mes compagnons. Et ça ne me gêne pas de le faire partager. Mes compagnons, c'est comme une famille, au stade où j'en suis...
Le plus important des membres, c'est Babaesti... Elle incarne la mère, la sagesse, l'illumination. Elle est tempérée, mais sait aussi faire parler les éléments. Elle croit que je suis un envoyé de sa déesse, c'est sa manière de voir le monde. Si je le suis, je ne suis pas au courant. Mais je pense avoir compris que la force de la Foi, c'est de croire et de voir ce en quoi on croit se réaliser si le cœur est pur. A vrai dire, une des raisons, également, pour laquelle elle est le plus important des membres, c'est parce que c'est une fille et que c'est la première sur ma route... Il y a clairement une raison pour laquelle j'ai croisé son chemin. Cette idée de la vie et de la mort et aussi du destin n'est pas fait pour me déplaire... C'est grâce à elle que je comprends mon côté religieux.
Le deuxième, c'est sans doute étrangement Cress... J'apprécie beaucoup l'humilité et la tempérance du chevalier, le dévouement à sa cause et aussi, malgré tout, son pragmatisme et son efficacité. Ce sont ceux qui en disent parfois le moins qui en font parfois le plus. Stewish a manifesté l'intérêt de travailler en binôme parfois avec lui dans un style au bouclier. Il sait déjà travailler en binôme avec Claudio. Mais s'il n'avait pas eu déjà des partenaires, je crois bien que je me serais proposé pour passer plus de temps auprès de lui à comprendre l'art de l'épée longue ou de la tempérance.
Pour les autres, pas de classement...
Stewish est sans doute le plus mystérieux malgré tout. Mais j'ai énormément apprécié la manière dont il a laissé partir les deux paysans, une pièce d'or à la main. Il est magnanime. Il peut aussi être en dépit de sa taille très intimidant. Et il sait pister et faire parler. Un atout assurément précieux. Ses capacités de combattant, de soigneur et d'informateur font de lui un des pivots de la famille. Peut-être qu'il y aura une histoire entre lui et Babaesti. Je le leur souhaite en tout cas.
Claudio est un débrouillard. Il n'utilise pas les mêmes armes que Cress et tous les deux se protègent vraiment l'un, l'autre. Je ne saurais dire s'il est issu d'une famille de nobles ou de marchands qui aurait eu de graves bisbilles avec une guilde. Claudio, c'est un peu comme le cousin dont on a besoin et à qui on laisse passer certaines affaires. Claudio, c'est aussi la cicatrice, le secret sombre... Un écho de celui qui m'habite sans doute. Vouloir se venger ainsi du chien, avoir une guilde au cul, c'est qu'il y a quelque chose de pas net dans son passé, contre laquelle il doit lutter. Et d'une certaine manière, il est comme moi, avec sans doute l'impérieuse nécessité de se forger une famille pour l'aider à résoudre son problème. Un problème que je lui laisse avoir et nous révéler le temps venu.
Wesh est jeune, enthousiaste, parfois emporté ou naïf mais si je regarde bien à l'intérieur de moi, c'est celui que je considérerai le plus comme un frère. Il a vécu une enfance trouble du fait de ses talents qui le plaçaient sans doute comme un monstre parmi sa communauté. Comment ne pas faire de parallèle avec moi. Définitivement, mon choix est fait. Celui que je dois le plus protéger ou avec lequel je dois le plus travailler en binôme, c'est lui. Il a sans doute encore des mystères non révélés, des mystères qui m'aideront peut-être à trouver mon mystère. C'est en analysant Wesh que j'ai d'ailleurs compris que les quatre aventuriers que sont Cress, Stewish, Claudio et lui sont un peu comme les quatre chemins que je pourrais avoir envie de suivre, pas forcément pareil. Magicien, peut-être, plutôt qu'ensorceleur. Oracle, sans doute, plutôt qu'inquisiteur. Informé, plutôt qu'arbalétrier de folie et plutôt paladin ou guerrier, que chevalier... Mais il n'empêche, ils sont les quatre directions, le socle de ce que doit être toute équipe d'aventuriers : un guerrier, un prêtre combattant, un débrouillard et un adepte des arcanes. Le premier combat avait déjà tout dévoilé... Babaesti et moi, on est clairement le soutien, le soutien en magie divine et force de frappe, si besoin, pour la première et en guérison et combat, si besoin, pour moi...
Mes compagnons semblent avoir senti à la fin du combat, d'ailleurs, qu'ils passaient une étape. Une sorte d'épiphanie qui arrive plusieurs fois dans la carrière d'un aventurier. Un truc un peu mystique, sans doute décidé par les dieux et qui leur permet de mieux comprendre leur nature. Resteront-ils dans la même voie ?
Je le pense.
Suis resté qui j'étais en me réveillant ?
Non. Je ne suis plus aussi vierge qu'avant. Je sais des choses.
J'ai peut-être posé l'épée dans le rêve, je ne la poserai pas demain en me réveillant. C'est la seule arme dont je dispose pour l'instant en aventure, de toutes les manières...


Le portrait du personnage sans ses runes






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